Caractéristiques physiques du territoire

Entités géographiques et paysagères

Le bassin versant de la Scarpe aval d’une superficie de 624 km2 présente une structure paysagère assez originale. Trois grandes unités se distinguent (figure 4).

Figure 4 : Les entités paysagères du territoire du SAGE Scarpe aval

Les entités paysagères du territoire du SAGE Scarpe aval

 

Au nord, la Pévèle se caractérise par une campagne riche dont les terres argilo-sableuses sont consacrées aux pâtures, parfois aux vergers, mais surtout à la polyculture. Ce paysage est soumis aux effets de la rurbanisation, favorisée par la proximité de la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing et par une desserte autoroutière. L’urbanisation reste toutefois marquée par un habitat dispersé et des villages étirés, allongés le long des rues.

Le Bassin Minier et l’Ostrevent, au Sud, constituent quant à eux, un vaste plateau calcaire dont le paysage a été façonné à la fois par une agriculture céréalière intensive et par une exploitation minière, aujourd’hui abandonnée. Cette entité a deux visages. Le minier domine à l’ouest et l’on y retrouve une densité importante de terrils, carreaux de fosse, cités minières ; tandis qu’à l’est, on observe une imbrication de la campagne et des traces de l’activité minière. Il s’agit du plateau d’Hérin, situé en limite de la plaine de la Scarpe, qui présente des terres riches, mais qui est également ponctué de traces de l’activité minière et notamment les terrils.

Enfin, au centre, la plaine de la Scarpe offre un paysage original dont la valeur écologique et patrimoniale est importante. L’eau sous toutes ses formes (fossés, étangs, prairies humides…) constitue un paysage dense, entrecoupé de boisements, ponctué de saules têtards, rythmé par les piquets des pâtures et clairsemé par des fermes imposantes. L’équilibre y est instable. La régression des milieux humides, engagée depuis plus de deux siècles, est un phénomène dont la maîtrise ne semble pas acquise. Différents facteurs (développement des peupleraies, des cultures de maïs, loisirs, développement urbain, lutte contre les inondations, drainage…) tendent à banaliser le paysage à travers la disparition de certaines formes de l’eau (marais, tourbières, prairies humides…). La plaine de la Scarpe est également occupée par les forêts domaniales de Marchiennes et de Raismes-Saint-Amand-Wallers. Celle-ci est marquée par une diversité de paysages forestiers (sables et hêtres, mares et chênes..), témoins visibles de la diversité des sols.

L’omniprésence de l’eau se signale également par un patrimoine bâti d’intérêt au moins local : vannages, moulins (notamment au niveau de Douai), ponts (tel le Pont de l’Ange Gardien à Marchiennes), ponceaux, puits couverts, etc. Bien que menacés par un manque d’entretien ou lors de travaux divers, ces petits éléments de patrimoine bâti sont encore bien présents sur le territoire.

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Hydrosystèmes


La Scarpe, affluent de l’Escaut, prend sa source à Berles-Monchel (101 m) dans l’Artois. Son linéaire est de 102 km, dont 66 km sont canalisés. Elle se divise en deux parties, la Scarpe amont et la Scarpe aval, ayant leur logique propre, pouvant être connectées à travers la Scarpe moyenne, à Douai, qui permet de légers échanges de flux.

Le territoire du SAGE reprend le bassin versant de la Scarpe aval uniquement, qui parcourt 37 kilomètres ( débit moyen de 4,5 m3/s) depuis l’écluse de Fort de Scarpe, à Douai, jusqu’à sa confluence avec l’Escaut, à Mortagne du Nord.

Ce bassin versant se compose d’une cuvette centrale de 40 km de long et de 25 km de large se situant sous le niveau des 19 m (altitude minimale au niveau de la confluence avec l’Escaut : 12,7 m). Cet axe central est une vaste plaine alluviale marquée par une quasi absence de pente (0,2 % en moyenne). Les affluents de la Scarpe ont des débits très faibles (<1m3/s).

Cette cuvette est bordée par des zones plus hautes (25 à 50 m, culminant à 107 m au niveau du Mont Pévèle), en pente douce (3 % en moyenne), perturbées par des dépressions.

Une des particularités de ce territoire est d’être en interconnexion avec d’autres bassins (figure 5) :

  • - en amont, avec le bassin de la Sensée, au niveau du carrefour entre la Scarpe amont, la Sensée et la Deûle. Le débit à l’écluse de Fort de Scarpe est en effet dépendant de la gestion des canaux à l’échelle de la région, et notamment du maintien d’un niveau d’eau dans le canal du Nord en période d’étiage et du délestage de Lille en cas de crue,
  • - en aval, avec le bassin de l’Escaut, dont la Scarpe est un affluent. Elle fait ainsi partie intégrante du bassin transfrontalier, ou district de l’Escaut, qui est appréhendé en matière de gestion de l’eau par la Commission Internationale pour l’Escaut (CIE) et fait l’objet d’un projet pilote européen, Scaldit, qui fixe l’application de la Directive Cadre sur l’Eau.

Figure 5 : Schéma simplifié des canaux au niveau de la zone d’étude

Schéma simplifié des canaux au niveau de la zone d'étude

sens d'écoulementSens d'écoulement ecluse Ecluse

1. Corbehem 10. Douai
2. Couteaux 11. Don
3. Fort de Scarpe 12. Cuinchy
4. Lallaing 13. Goeulzin
5. Marchiennes 14. Pont Malin
6. Warlaing 15. Fresnes
7. Saint Amand 16. Hensies
8. Thun Saint Amand 17. Kain
9. Courchelettes 18. Palluel

NB : Toutes les écluses ne sont pas représentées

 

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Hydrologie

Le bassin versant de la Scarpe aval tel que nous le connaissons actuellement est le résultat des nombreuses interventions et aménagements réalisés progressivement par l’homme dès le Xe siècle, que cela soit à des fins commerciales (navigation sur la Scarpe) ou agricoles (drainage de la plaine de la Scarpe). Depuis 1830, la Scarpe est définitivement canalisée et a globalement l’aspect que l’on connaît aujourd’hui.

Ainsi, le réseau hydrographique, très dense et très hiérarchisé, est presque entièrement artificialisé :

  • - la Scarpe canalisée est une rivière endiguée et perchée (son niveau est plus élevé que les terres avoisinantes), large de 20 mètres, elle est équipée d’écluses de type Freycinet (classe 1) sur une grande majorité de son linéaire ;
  • - le réseau principal comprend d’une part le Décours et la Traitoire, qui constituent les contre-canaux de la Scarpe, en rive gauche et en rive droite, et la rejoignent à Thun-Saint-Amand, un peu en amont de Mortagne-du-Nord et d’autre part leurs principaux affluents : Courant de Coutiches, Courant de l’Hôpital, Elnon, etc. ;
  • - le réseau secondaire est composé des courants et fossés d’évacuation des eaux collectées dans les parcelles ainsi que des eaux usées non raccordées à un réseau d’assainissement ;
  • - le réseau tertiaire est constitué par le réseau de fossés de drainage des parcelles.

Le réseau hydrographique est indépendant de la Scarpe canalisée. Il est directement alimenté par la nappe superficielle, les ruissellements et les rejets des zones urbanisées. Ainsi, le caractère dynamique du réseau hydrographique dans la plaine est largement lié aux fluctuations du niveau de la nappe alluviale. L’écoulement des cours d’eau est donc très peu soutenu en période d’étiage et peut parfois être nul sur certains cours d’eau comme la Balle de la Tillière. En période hivernale, les débits ne sont pas forcément exceptionnels, autour de 1 à 2 m3/s. Mais ils peuvent atteindre rapidement une dizaine de m3/s lors d’épisodes pluvieux. Cela se traduit d’un côté par des débits moyens annuels très faibles, toujours inférieurs à 1 m3/s. Mais de l’autre côté, les débits peuvent augmenter très rapidement et générer des inondations.

Le nombre important d’ouvrages hydrauliques sur les cours d’eau caractérise le territoire :

  • - sur la Scarpe, 6 écluses et barrages permettent de gérer les niveaux d’eau pour la navigation et la lutte contre les inondations ;
  • - dans le bassin minier, près de 40 stations de relèvement des eaux, des passages en siphons (…) assurent l’évacuation des eaux rendue difficile, voire impossible, suite aux affaissements miniers ;
  • - sur le réseau principal, les lames déversantes, vannes, clapets anti-retour, coursiers hydrauliques, dont la vocation principale est la gestion du risque inondation, permettent également d’assurer un niveau d’eau d’étiage minimum en période estivale.

L’amélioration de leur gestion et l’aménagement éventuel d’ouvrages complémentaires permettront une meilleure maîtrise des écoulements et lutte contre les inondations et participeront à la préservation et la valorisation des milieux humides.

 

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Géologie

Il existe 4 principaux types de formations d’âge différent, traversées par un certain nombre de failles constituant des blocs d’altitudes différentes, appelés graben tectonique (figure 6).

 

 

Figure 6 : Schéma simplifié de graben
Schéma simplifié de Graben

 

Les formations géologiques sont, de la plus récente à la plus ancienne :

  • - le Quaternaire (limons et alluvions),
  • - l’Eocène (argiles yprésienne et de Louvil, tuffeaux et sables d’Orchies),
  • - le Crétacé supérieur (craie et marnes),
  • - le Primaire (schiste, grès et calcaire carbonifère).

Une partie de ces terrains affleure. Dans la plaine, sous les alluvions, dont l’épaisseur est peu importante (environ 10 mètres), on trouve des sables landéniens sur la quasi-totalité du périmètre du SAGE. Au nord, ces sables sont recouverts par les argiles d’Orchies d’âge yprésien, et au sud, ces formations d’argile et de sable sont de plus faible épaisseur et parfois inexistantes.

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Hydrogéologie

Les couches géologiques du territoire comportent plusieurs niveaux perméables, qui abritent différents aquifères de productivité et de qualité inégales :

  • - les aquifères superficiels : faiblement exploités, il sont cependant en relation avec la nappe de la craie, essentiellement dans sa partie libre, au sud du territoire ;
  • - l’aquifère de la craie séno-turonienne : libre et parfois affleurant au sud du territoire, il devient captif sous les argiles. Cette nappe est fortement exploitée ;
  • - l’aquifère du calcaire carbonifère : totalement captif sur le territoire du SAGE, il est déconnecté des autres aquifères, protégé et peu exploité sur le territoire (thermalisme et mise en bouteille d’eau minérale).
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Pédologie

On distingue deux grands types de formations dans les sols du bassin versant :

  • - les limons issus de dépôts éoliens ou d’érosion (limons loessiques) situés sur les versants : la Pévèle et le nord de l’Ostrevent. Ces sols sont profonds et plus ou moins bien drainés selon la formation sur laquelle ils reposent. Parfois, lorsque ces limons sont absents, on retrouve des sols issus de l’altération des différents substrats (argile yprésienne dans la Pévèle, craie sénonienne dans l’Ostrevent…) ;
  • - les limons issus de dépôts de fond de vallée (alluvions) situés dans la Plaine de la Scarpe essentiellement et caractérisés par une forte hétérogénéité spatiale (couches et textures variables) et des lois de distribution confuses. Dans cette partie du bassin versant, les sols sont particulièrement hydromorphes avec la proximité d’une nappe permanente notamment pour les terrains inférieurs à 17,5 mètres d’altitude.
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Climatologie

Le territoire de la Scarpe aval est au sein de la zone climatique dite intermédiaire, avec des hivers froids et des étés chauds. Il est donc à la fois sous influence océanique et semi-continentale. Les précipitations moyennes annuelles sont de l’ordre de 700 mm, avec un léger gradient Est–Ouest de la pluviosité. On constate en effet une augmentation des précipitations moyennes annuelles de 50 mm entre Douai et Lecelles.

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